L'an dernier, après quelques flocons éclaireurs courant novembre, la neige avait fait une entrée spectaculaire pour fêter notre déménagement le 30 au soir. Cette année, les cristaux espions sont passés en octobre, puis novembre, sans vraiment rester ou annoncer quoi que ce soit. Le 6 décembre, date de la fête de noël de Latina, pas un pet de neige dans les rues. On en était presque déboussolés. Si l'an dernier tout le monde avait essayé de nous effrayer avec l'arrivée massive des blizzards hivernaux, en vain car nous on était là pour ça, cette année c'était plutôt l'inverse. On attend, on attend, et on est triste de toujours voir la couleur du sol. De bienveillants indigènes nous rassurent bien en disant qu'elle va arriver, depuis un moment déjà, mais rien... Et puis hier Montréal a sorti son paleteau d'hiver !
Il a commencé à neiger dans la nuit. On s'est réveillé sans la notion du temps à cause d'une coupure de courant qui avait assommé notre radio-réveil. Lumière indécise, atmosphère grise, un oeil à la fenêtre, elle était déjà partout déposée sur 5 à 10 cm. Retour au chaud, au lit, le sourire aux lèvres, jusqu'au retour de l'électricité... à midi.
Ensuite ? Ben ensuite une journée floue, un peu comme celles que doivent vivre les personnages des vieilles pub Kinder, noyés dans un halo blanc. Petit dej', bricolage par ci par là ,puis décollage pour quelques courses. Aventure polaire s'il en ait car voyage en bus dans la tempête. Le retour fût tout aussi épique avec activité "attente indécise du bus en retard dans le blizzard en compagnie de québécois emmitouflés". Come back a casa pour voir qu'il était déjà je-ne-sais-plus-quelle-heure-mais-un-truc-comme-21h.
Il faut dire que la neige est une maligne. La veille nous avions eu droit à un joli -14°C agrémenté d'un petit vent arrondissant le tout glaço-modo à -23°C. Cette journée réfrigérante a bien préparé le terrain pour le blizzard en asséchant et gelant le sol et tout ce qui se trouvait dehors,. Les conditions étaient assurée pour une prise direct de la neige qui a déboulée pendant la nuit. Ce jour là, nous en avions d'ailleurs profité pour étrenner nos pantalons d'hiver en s'autorisant une expédition à pied au centre ville. Sur le chemin, nous croisions des gens en jeans, la tête rentrée dans les épaules, à la démarche rapide, tous muscles tendus contre le froid. Habillés en snowboarders, nous on était tranquilles, la démarche cool, relax.
Parti comme c'est, il y aura donc de la neige à noël, et ça c'est plutôt une bonne nouvelle !
Plus d'un an qu'on habite ici, c'est sûr qu'on ne découvre plus tant de chose que ça, où du moins on ne se rend plus compte des différences avec notre chez nous qui s'éloigne. Dans cette situation il n'est pas évident d'écrire sur notre immersion comme c'était le cas au début de cette histoire bloguesque. Ce que je ne savais pas en lançant ces colonnes, c'est l'addiction qu'elles susciteraient chez les lecteurs que vous êtes. je sais bien que c'est plus le lien transatlantique qui vous tient que la prose qui s'y trouve, mais c'est quand même assez déstabilisant. Vu de l'autre côté du clavier ça fait peser un certain poids sur mes épaules ! Devant les demandes répétées de toute la France, enfin des quelques lecteurs qui restent, les plus accrocs, j'ai essayé de vous donner un peu de came, j'espère que cela vous permettra de tenir jusqu'à la prochaine livraison...
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